Ce qui change en 2026
Deux évolutions réglementaires modifient le calcul cette année. Elles sont intégrées au simulateur ci-dessus.
L'ACRE tombe de 50 % à 25 % au 1er juillet 2026
Le décret du 6 février 2026 réduit l'exonération de début d'activité. Les micro-entreprises créées ou reprises à compter du 1er juillet 2026 ne bénéficient plus que d'une exonération de 25 % : le taux de cotisations passe à 75 % du taux normal. Un plaquiste en prestations BIC cotise donc à 15,9 % au lieu de 10,6 % avec l'ancienne formule. Les entreprises créées avant cette date conservent leurs 50 % jusqu'au terme de leur droit.
Autre changement à ne pas rater : l'ACRE n'est plus automatique. La demande doit parvenir à l'Urssaf au plus tard le 60e jour suivant l'ouverture de l'activité. Passé ce délai, c'est perdu.
Le taux BNC est à 25,6 %, et pas à 26,1 %
On lit les deux chiffres un peu partout, alors autant trancher avec la source. Le décret du 30 mai 2024 a étalé la hausse du taux des libéraux non réglementés sur trois ans, en partant de 21,1 % :
| Période | Taux global |
|---|---|
| Du 1er juillet au 31 décembre 2024 | 23,1 % |
| Du 1er janvier au 31 décembre 2025 | 24,6 % |
| À partir du 1er janvier 2026 | 25,6 % |
L'Urssaf et service-public.gouv.fr affichent tous les deux 25,6 % pour 2026. Les 26,1 % qui circulent correspondent à une trajectoire annoncée puis non retenue. Nous appliquons 25,6 %. Les professions réglementées relevant de la Cipav restent à 23,2 %.
Comment nous tranchons entre les deux options
La question « versement libératoire ou barème » n'a pas de réponse générale, parce que le versement libératoire est un taux fixe sur le chiffre d'affaires tandis que le barème est un taux progressif sur le revenu du foyer. Comparer les deux suppose de modéliser le foyer entier. Voici ce que fait le simulateur, dans l'ordre.
- Il calcule votre base imposable : CA moins l'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en services BIC, 71 % en vente), avec un plancher d'abattement de 305 €.
- Il calcule l'impôt du foyer avec l'activité, puis sans elle. La différence est le coût réel de votre activité au barème. C'est un coût marginal : la plupart des simulateurs se contentent d'un prorata, ce qui fausse le résultat dès qu'il y a un second revenu.
- Il applique le plafonnement du quotient familial (1 807 € par demi-part supplémentaire), en prenant pour référence 1 part si vous êtes seul et 2 parts en couple. Les deux parts d'un couple marié ne sont jamais plafonnées.
- Il calcule le scénario versement libératoire : le pourcentage fixe sur le CA, plus l'impôt supplémentaire que votre activité fait payer au reste du foyer via la règle du taux effectif.
- Il cherche le point d'équilibre en faisant varier le CA jusqu'à l'égalité des deux coûts. C'est votre CA de bascule.
Le CA de bascule dépend de votre foyer, pas de votre CA
C'est le cœur du sujet. À activité identique (libéral BNC) et à 35 000 € de CA, voici où se situe le point d'équilibre selon la seule composition du foyer :
| Situation du foyer | Parts | CA de bascule |
|---|---|---|
| Célibataire, sans autre revenu | 1,0 | 25 220 € |
| Marié, conjoint sans revenu | 2,0 | 50 430 € |
| Marié, conjoint à 45 000 € | 2,0 | 520 € |
| Marié, 2 enfants, conjoint sans revenu | 3,0 | 75 650 € |
De 520 € à 75 650 € selon le foyer, pour le même métier et le même chiffre d'affaires. Un célibataire bascule vers 25 220 €. Le même professionnel marié à un conjoint sans revenu ne bascule qu'à 50 430 €, parce que les deux parts du foyer absorbent son revenu dans les tranches basses. Et s'il est marié à un conjoint qui gagne 45 000 €, le foyer est déjà dans la tranche à 30 % : le versement libératoire gagne quasiment dès le premier euro. Voilà pourquoi une réponse du type « le VL est intéressant au-dessus de X € » est fausse tant qu'on n'a pas votre foyer.
Quatre situations chiffrées de bout en bout
Tous les montants ci-dessous sortent du moteur de cette page, avec les taux 2026.
Camille, développeuse freelance à Nantes — 35 000 € de CA
Activité libérale (BNC), 2e année, célibataire sans enfant, pas d'autre revenu.
| Cotisations sociales (25,6 %) | 8 960 € |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 70 € |
| CFE | 31,25 € à 313,63 € |
| Impôt au barème progressif | 1 265 € |
| Impôt au versement libératoire (2,2 %) | 770 € |
| Versement libératoire — 495 € de moins par an | 2 085,63 € net / mois |
Yanis, graphiste, première année — 50 000 € de CA
BNC, créé en mars 2026 : ACRE à 50 %, exonéré de CFE la 1re année.
| Cotisations sociales (12,8 %) | 6 400 € |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 100 € |
| CFE — exonérée | 0 € |
| Impôt au barème progressif | 3 003,99 € |
| Impôt au versement libératoire (2,2 %) | 1 100 € |
| Versement libératoire — 1 903,99 € de moins par an | 3 533,33 € net / mois |
Sonia, plaquiste, créée en septembre 2026 — 40 000 € de CA
Prestations artisanales (BIC), ACRE réformée à 25 %, 1re année.
| Cotisations sociales (15,9 %) | 6 360 € |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 80 € |
| CFE — exonérée | 0 € |
| Impôt au barème progressif | 924 € |
| Impôt au versement libératoire (1,7 %) | 680 € |
| Versement libératoire — 244 € de moins par an | 2 740 € net / mois |
Marc, e-commerce, marié, 2 enfants — 90 000 € de CA
Vente de marchandises, conjointe salariée à 30 000 €, régime de croisière.
| Cotisations sociales (12,3 %) | 11 070 € |
| Formation professionnelle (0,1 %) | 90 € |
| Taxe de chambre consulaire (0,015 %) | 13,50 € |
| CFE | 62,50 € à 627,25 € |
| Impôt au barème progressif | 2 343 € |
| Impôt au versement libératoire (1,0 %) + taux effectif | 2 152,94 € |
| Versement libératoire — 190,06 € de moins par an | 6 360,72 € net / mois |
Trois choses que les autres simulateurs oublient
La CFE, absente de tous les « revenus nets » que nous avons testés
Vous êtes exonéré l'année de la création, et seulement celle-là. Dès l'année suivante, la CFE tombe, avec une base réduite de moitié. Ensuite c'est plein tarif, chaque année, même sans local et même en travaillant de chez vous. Le montant se calcule en multipliant une base minimum, fixée par votre commune à l'intérieur d'une fourchette légale, par le taux voté localement.
| CA hors taxes réalisé en N-2 | Base minimum (selon la commune) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | 250 € à 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | 250 € à 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | 250 € à 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | 250 € à 4 183 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | 250 € à 5 974 € |
| À partir de 500 001 € | 250 € à 7 769 € |
Aucune CFE n'est due si votre CA N-2 ne dépasse pas 5 000 €. Nous affichons volontairement une fourchette plutôt qu'un chiffre rond : entre une commune à 8 % et une autre à 35 %, l'écart est du simple au quadruple, et personne ne peut deviner votre taux à votre place. Si vous avez déjà reçu un avis, saisissez le montant exact dans le simulateur.
Vos frais professionnels ne sont pas déductibles
C'est l'erreur numéro un chez les nouveaux inscrits. En micro-entreprise, aucune charge réelle ne se déduit : ni l'ordinateur, ni le loyer, ni les logiciels, ni l'essence, ni la sous-traitance. L'abattement forfaitaire est censé tout couvrir, point final. Un développeur en BNC est réputé avoir 34 % de frais ; s'il n'en a que 8 %, il est gagnant. Un artisan qui achète beaucoup de matière première et qui plafonne à 50 % d'abattement en services BIC, lui, paie de l'impôt sur de l'argent qu'il n'a jamais gagné. Dans ce cas précis, la vraie réponse n'est ni le versement libératoire ni le barème : c'est de quitter la micro-entreprise pour le régime réel.
Le revenu imposable n'est pas ce que vous encaissez
Trois notions circulent et se confondent en permanence :
- La trésorerie : ce qui arrive sur le compte, donc votre CA encaissé.
- Le revenu imposable : le CA moins l'abattement forfaitaire. Un chiffre théorique qui ne correspond à rien de concret, mais c'est lui qui sert de base à l'impôt et au RFR.
- Le vrai net : ce qui reste après cotisations, CFP, taxe de chambre, impôt et CFE. C'est le chiffre affiché en haut de cette page.
Un libéral à 35 000 € de CA a un revenu imposable de 23 100 €, encaisse 35 000 €, et vit avec environ 24 500 €. Trois nombres différents pour la même personne, la même année.
L'ARE compte dans votre foyer, et personne ne la simule ici
Si vous créez en gardant vos droits France Travail, tout ce qui précède se décale. L'ARE est imposable en traitements et salaires : elle gonfle le revenu du foyer, donc elle peut vous faire changer de tranche et déplacer votre CA de bascule. Pire, votre revenu fiscal de référence de salarié vous ferme en général le versement libératoire les deux premières années. Nous avons construit un moteur dédié à cette situation : le simulateur de cumul ARE et micro-entreprise reprend cet arbitrage en y ajoutant l'allocation, la projection mois par mois et la comparaison ARE / ARCE après impôt.
Vous êtes salarié en parallèle ? C'est le cas le plus fréquent
Près d'un tiers des auto-entrepreneurs exercent en complément d'un emploi salarié. Le mécanisme est le même que pour l'ARE : votre salaire net imposable remplit les tranches basses du barème, votre CA s'empile au-dessus et s'impose à votre taux marginal. Et un salaire à temps plein vous ferme presque toujours le versement libératoire. Nous avons détaillé ce profil, exemples chiffrés à l'appui, sur la page cumul salarié et auto-entrepreneur. Ici, saisissez votre salaire net imposable dans le champ « autres revenus imposables du foyer ».
Quand payer, et quoi
Le versement libératoire se règle avec vos cotisations, à chaque déclaration Urssaf — mensuelle ou trimestrielle, selon l'option choisie à la création. Au barème, votre impôt passe par le prélèvement à la source, sous forme d'acomptes mensuels ou trimestriels calculés par l'administration à partir de votre dernière déclaration, avec régularisation l'année suivante.
Dans les deux cas, la déclaration annuelle de revenus reste obligatoire. Pour la campagne 2026 (revenus 2025), les dates limites étaient le 19 mai pour le papier, puis, pour la déclaration en ligne, le 21 mai (départements 01 à 19 et non-résidents), le 28 mai (départements 20 à 54) et le 4 juin (départements 55 à 976). La prochaine campagne s'ouvrira au printemps 2027.
Les taux affichés et leur source
Chaque chiffre du simulateur vient d'une source officielle. Vérifiez, c'est fait pour.
| Paramètre | Valeur 2026 | Source |
|---|---|---|
| Cotisations vente / services BIC / BNC / Cipav | 12,3 % / 21,2 % / 25,6 % / 23,2 % | service-public.gouv.fr |
| Trajectoire du taux BNC (décret du 30 mai 2024) | 23,1 % → 24,6 % → 25,6 % | urssaf.fr |
| ACRE : 25 % pour les créations à partir du 1er juillet 2026 | 75 % du taux normal | service-public.gouv.fr |
| Taux du versement libératoire | 1 % / 1,7 % / 2,2 % | impots.gouv.fr |
| Seuil de RFR N-2 pour opter au versement libératoire | 29 579 € par part | service-public.gouv.fr |
| Abattements forfaitaires (minimum 305 €) | 71 % / 50 % / 34 % | service-public.gouv.fr |
| Barème de l'impôt sur les revenus 2025 | 0 / 11 / 30 / 41 / 45 % | service-public.fr |
| Plafond du quotient familial | 1 807 € par demi-part | service-public.fr |
| Règle du taux effectif sous versement libératoire | Bénéfice net retenu | impots.gouv.fr |
| CFE : exonération 1re année, base minimum | 250 € à 7 769 € selon le CA | service-public.gouv.fr |
| Taxes de chambre consulaire (CGI art. 1600 à 1604) | 0,007 % à 0,480 % | autoentrepreneur.urssaf.fr |
Questions fréquentes
Versement libératoire ou barème progressif : lequel choisir en 2026 ?
Le versement libératoire devient intéressant dès que votre foyer paie de l'impôt. En BNC sans autre revenu, la bascule tombe vers 25 220 € de CA : en dessous, le barème coûte souvent 0 € ; au-dessus, le versement à 2,2 % l'emporte. Marié à un conjoint sans revenu, ce seuil grimpe à 50 430 €.
Peut-on changer d'avis en cours d'année ?
Non. L'option pour le versement libératoire se prend au plus tard le 30 septembre pour une application l'année suivante, ou dans les trois mois de la création pour une application immédiate. La renonciation obéit aux mêmes délais. Une option prise en septembre 2026 vaut donc pour toute l'année 2027.
Que se passe-t-il si mon RFR dépasse le seuil ?
Vous sortez du versement libératoire, mais pas immédiatement : le dépassement constaté une année N vous fait perdre l'option au 1er janvier de l'année N+2. Vous basculez alors automatiquement au barème progressif. C'est pour ça que le simulateur vous alerte quand votre revenu de l'année en cours dépasse 29 579 € par part.
Le versement libératoire dispense-t-il de déclarer aux impôts ?
Non. Le CA doit être reporté chaque année sur la 2042-C-PRO. Il ne sera pas imposé une seconde fois, mais il sert à établir votre revenu fiscal de référence et le taux effectif appliqué aux autres revenus du foyer.
L'ACRE et le versement libératoire sont-ils cumulables ?
Oui, ce sont deux dispositifs indépendants : l'un porte sur les cotisations sociales, l'autre sur l'impôt. Un créateur peut cumuler ACRE et versement libératoire dès la première année, sous réserve du seuil de RFR pour le second.
Ce simulateur est-il gratuit ?
Oui, entièrement, sans inscription et sans limite d'usage. Aucune donnée saisie ici n'est transmise à un tiers.
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